Procès des crimes khmers rouges : le procureur jette l’éponge

Khmers Rouges 24/06/2009 – 09h00
PHNOM PENH (NOVOpress) –
Robert Petit, procureur international au tribunal chargé de juger les crimes des Khmers rouges à Phnom Penh, jette l’éponge. Il quittera son poste au 1er septembre prochain. Le magistrat voudrait poursuivre d’autres suspects de l’horreur Khmer rouge, responsable de la mort d’au moins 1,7 million de Cambodgiens entre 1975 et 1979. Mais seuls cinq ex-dignitaires sont poursuivis par la justice internationale, dont Douch, l’ancien directeur du centre de tortures S-21, où plus de 14 000 personnes, victimes de la révolution maoïste du «Kamputchéa démocratique» avaient été torturées et mises à mort.

Fin 2008, sur la foi « d’enquêtes et d’éléments de preuve », Robert Petit, estimait que de nouvelles personnes devaient être poursuivies par les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC). Mais il n’a pas convaincu Chea Leang, son homologue cambodgien, qui siège à ses côtés au tribunal. Il n’est pas le seul à s’opposer à Robert Petit.

Hun Sen, Premier ministre du Cambodge, ne veut pas d’un vaste procès contre les Khmers rouges. L’empressement du Premier ministre cambodgien à fermer les yeux sur ces crimes n’est pas le fruit du hasard : Hun Sen fut colonel sous les Khmers rouges et membre de l’Angkar, l’organisation suprême des Khmers rouges. « Ces dix dernières années, Hun Sen a passé le plus clair de son temps à saper les efforts de l’ONU pour établir un tribunal crédible. Maintenant, il tente d’empêcher toute nouvelle inculpation », constate Brad Adams, de l’association Human Rights Watch. Au Cambodge comme en Russie, en Chine ou en Corée du Nord, les crimes du communisme attendent toujours leur « tribunal de Nuremberg ».


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