22/06/2009 – 08h30
NANTES (Breizh NOVOpress) – Alors qu’il semblait au faîte de sa puissance après vingt ans de présence à la mairie de Nantes, Jean-Marc Ayrault se retrouve soudain en situation délicate. Les résultats des élections européennes sont proprement désastreux pour lui : à Nantes même, la liste socialiste atteint à peine 18 % contre plus de 25 % pour la liste UMP et pour Europe Écologie emmenée par Yannick Jadot. Ce qui paraissait inenvisageable voici encore un mois, la perte de la mairie de Nantes par les socialistes aux prochaines municipales, devient une hypothèse crédible.
Du coup, les langues commencent à se délier. Aux critiques habituelles de la droite à l’égard du caporalisme du maire de Nantes, s’ajoutent celles des socialistes, jusqu’à présent aussi bien contrôlés que les « opposants notoires ». Certains soulignent que Jean-Marc Ayrault, qui a fait le mauvais choix lors des primaires des présidentielles (il soutenait Ségolène Royal), n’a pas été capable d’obtenir qu’un représentant de la Loire-Atlantique figure en position éligible sur la liste P.S. aux européennes. Surtout, ils lui reprochent d’avoir obligé le P.S. à faire de la place pour le député vert François de Rugy aux législatives de 2007 en lui cédant la 1ère circonscription de Loire-Atlantique. « Il a fait entrer le loup dans la bergerie », grogne un militant quinqua. « Il a crédibilisé les écolos, et voilà le résultat. »
Cramponné à ses pistes
Rien n’est perdu puisque les Verts font encore partie de la majorité municipale, même s’ils commencent à en trouver l’ambiance bien pesante. Pour resserrer les liens verts-roses, Jean-Marc Ayrault aurait pu sceller une union sacrée autour d’un grand thème écologiste. Justement, il s’en présentait un, idéal : le nouvel aéroport international de Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au Nord de Nantes.
Ce projet très consommateur d’espace rural est en totale rupture avec le Grenelle de l’environnement. Le gouvernement tient pourtant à le réaliser, Jean-Louis Borloo l’a redit le 7 juin sur France 3. Le problème est que Jean-Marc Ayrault y tient aussi. Cette alliance Borloo-Ayrault ouvre un espace politique idéal à Jadot, chef de file d’Europe Écologie et bien implanté à Nantes où il a résidé du temps où il dirigeait les opérations de Greenpeace.
Plombé côté nature, le maire de Nantes peut-il se refaire côté béton ? Rien n’est moins sûr. Le projet de l’île de Nantes, qui devait être la réalisation phare de son mandat, suscite un scepticisme croissant. Le palais de justice de Jean Nouvel, encensé par l’establishment architectural lors de sa construction en 2000, loin de s’être inscrit dans le paysage, est de plus en plus critiqué. La nouvelle école d’architecture, comparée à « un parking aérien » (Les Échos du 4 juin) prend le même chemin. Le manège des mondes marins est encore bien loin de tourner pour cause de non respect des règles des marchés publics. Et le projet de CHU futur apparaît surtout comme une diversion pour faire oublier le déficit récurrent et abyssal (il se chiffre en dizaines de millions d’euros) du CHU actuel justement présidé par… Jean-Marc Ayrault.
La fin de règne s’annonce donc pénible pour celui qui apparaissait voici vingt-cinq ans comme le petit prince d’un Ouest mitterrandien.
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