Obsèques d’Omar Bongo : Sarkozy hué par « les Gabonais »

Omar Bongo- obseques16/06/2009 – 19h00
LIBREVILLE (NOVOpress) –
Les obsèques d’Omar Bongo – mort le lendemain de l’annonce de son décès par les médias français – ont réuni mardi 16 juin une quinzaine de chefs d’Etat dans la capitale gabonaise, dont le président français Nicolas Sarkozy.

Une partie de la foule de quelques centaines de personnes qui ont été autorisées à pénétrer dans la cour du palais présidentiel pour assister aux funérailles d’Omar Bongo a hué le président de la République, lui criant entre autre « Partez ! On ne veut plus vous voir ! ».

Difficile de croire que les happy fews qui se massaient dans la cour du palais n’avaient pas été triés sur le volet par les autorités gabonaises et que les réactions de la foule étaient spontanées. L’entourage du défunt dictateur a vraisemblablement voulu avertir le président Sarkozy que la justice française ne devrait pas aller trop loin dans les investigations qu’elle mène actuellement sur le patrimoine de la famille Bongo.

Omar Bongo, qui était au pouvoir au Gabon depuis 41 ans, possèderait en France 33 appartements, hôtels particuliers et maisons, pour lui et ses proches. A titre personnel, 17 propriétés immobilières, dont un hôtel particulier près des Champs-Elysées – acquis pour la bagatelle de 18,875 millions d’euros en juin 2007 –, deux appartements avenue Foch de 88 et 210 m2 et un autre de 219 m2 dans le XVIe arrondissement de la capitale. Sur la Côte d’Azur, il détient deux appartements de 170 m2 et 100 m2, et trois maisons dont une de 176 m2.

Deux ONG ont déposé une plainte pour « recel de détournement de fonds publics » contre les présidents Bongo, Sassou Nguesso du Congo Brazzaville et Teodoro Obiang de la Guinée équatoriale, concernant leur patrimoine immobilier sis sur le territoire français. Pour les plaignants, « Il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d’Etat, au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics ». La plainte s’appuie sur les résultats d’une enquête préliminaire de police diligentée par le parquet en 2007 qui a établi un état des biens détenus par les trois chefs d’Etat africains.

Ce qui n’empêche manifestement pas « les Gabonais », du moins ceux qui reprochent volontiers à la France de « piller ses richesses naturelles » tout en continuant à lui demander des visas – de faire à leur ancien dictateur de grandioses funérailles nationales.


[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
[http://archives-fr.novopress.info]

Novopress.info

Monde Les derniers articles



Politique Les derniers articles