Lu dans Présent: SOS-Racisme et Julien Dray, une connivence suspecte
Le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo, ainsi que cinq des principaux dirigeants de l’association, ont été placés en garde à vue mardi dans les locaux de la Brigade financière à Paris, interrogés dans l’enquête sur les mouvements de fonds suspects sur les comptes du député socialiste de l’Essonne Julien Dray. Dans le cadre de cette investigation, les policiers de ladite Brigade ont également perquisitionné le siège de l’association.
Sous la direction du parquet de Paris, les policiers enquêtent sur des mouvements de fonds suspects décelés sur des comptes bancaires du député (PS) de l’Essonne par la cellule antiblanchiment de Bercy, Tracfin. Ils soupçonnent l’élu socialiste, âgé de 54 ans, d’avoir bénéficié, par l’intermédiaire de proches collaborateurs, de fonds issus de comptes de l’association « Les parrains de SOS-Racisme » et de l’organisation lycéenne FIDL, depuis janvier 2006.
Julien Dray, qui est un des co fondateurs de SOS-Racisme et de la FIDL, aurait bénéficié d’une partie de ces sommes, évaluées à 351 027 euros. Depuis l’ouverture de cette enquête préliminaire le 10 décembre pour « abus de confiance », plusieurs membres de SOS-Racisme, notamment du département de l’Essonne, on été entendus par la police. Une première perquisition avait eu lieu le 19 décembre au siège de l’association, situé avenue de Flandres dans le XIXe arrondissement de Paris. Outre les liens historiques qui unissent Dray à l’association, celle-ci a employé ses deux plus proches collaborateurs par lesquels aurait transité une partie des sommes.
Le député et vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, qui conteste publiquement toute malversation, a demandé à plusieurs reprises de pouvoir s’expliquer devant les policiers et d’avoir accès aux éléments de l’enquête pour se défendre. Il a réagi à ces dernières gardes à vue par la voix d’un de ses avocats, Me Gaudillière, lequel déclare dans un communiqué que l’élu « entend apporter un démenti formel aux affirmations inacceptables et radicalement contraires à la vérité consistant à faire accroire que ce dernier aurait perçu des dons de l’association SOS-Racisme ou de la FIDL». « A cet égard, ajoute-t-il, il est sidérant de constater que depuis maintenant six mois les autorités judiciaires et policières alimentent de manière hebdomadaire la presse d’informations tronquées de nature à entretenir une suspicion nauséabonde. »
Reste que nombre des « amis » de cet illustre collectionneur de belles montres, joueur de poker invétéré, ont reconnu (selon Le Parisien) lui avoir octroyé plusieurs prêts et dons, soit directement, soit par le biais de SOS-Racisme ou de la FIDL. De son côté, « la plus grande association antiraciste de France », toujours grassement alimentée par les nombreuses subventions des pouvoirs publics – dont elle vit confortablement (Harlem Désir en a fait aussi l’expérience, comme beaucoup d’autres permanents des multiples associations de gauche prétendument bénévoles) –, a « renouvelé son entière confiance à son président et aux autres membres qui sont entendus ». Elle se plaint d’être soumise, depuis maintenant près de 7 mois, à « un régime d’exception en violation de l’état de droit comportant intimidations des militants, auditions de bénévoles par les services policiers et perquisitions réitérées au siège de l’association ». Et elle annonce une conférence de presse « conduite par Dominique Sopo » pour se défendre : quand Sopo se réveillera !
On saura à l’issue de cette nouvelle procédure, au cours de laquelle Julien Dray sera probablement interrogé à son tour « dans les toutes prochaines semaines », si le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, décide de classer le dossier ou d’ouvrir une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction indépendant.
REMI FONTAINE