Le directeur général de l’OIT : « La crise mondiale peut encore durer huit ans »
10/06/2009 – 08h00
GENEVE (NOVOpress) – Les 183 membres de l’Organisation internationale du travail (OIT), réunis à Genève jusqu’au 19 juin, portent un diagnostic très réservé sur une possible sortie de la crise économique et financière qui secoue actuellement le monde. “Il y a des signes montrant que la récession ralentit, que la chute libre se freine”, analyse le directeur général de l’OIT, Juan Somavia, tout en avertissant les gouvernements que “le monde peut avoir devant lui une crise de l’emploi et de la protection sociale d’une durée de six ou huit ans”.
De son côté, le Département américain du travail relève que “depuis le début de la récession en décembre 2007, le nombre total d’emplois a chuté de 6 millions (aux Etats-Unis), et le taux de chômage s’est accru de 4,5% “. Le taux de chômage outre-Atlantique a atteint 9,4 % en mai, contre 8,9 % en avril – un niveau historiquement élevé. En France, le ministère de l’Emploi vient quant à lui d’admettre qu’en 2009 le nombre de destructions d’emplois salariés dans le privé pourrait approcher les 600.000.
Le total des pertes boursières dans le monde dépasse désormais les 32 000 milliards de dollars, plus de deux fois le PIB des Etats-Unis. Les plans de relance mondiaux se traduisent par l’émission d’obligations gouvernementales qui gonflent la dette publique des Etats. Une dette devenue totalement irremboursable, que seule l’hyperinflation – qui se traduira par la ruine des épargnants – est susceptible d’apurer. Parallèlement, quelque 45 millions de personnes arrivent chaque année sur le marché du travail, un chiffre très largement supérieur aux capacités de création d’emplois des économies mondiales.
Pour faire face à ces défis, M. Somavia a demandé aux pays membres de l’OIT d’adopter un “Pacte mondial pour l’emploi”. Nul doute que cette initiative, dont on attend les contours précis, fera la part belle à l’idéologie libre-échangiste, telle qu’elle a encore été récemment réaffirmée par le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le socialiste français Pascal Lamy, pour lequel « face à la crise, le chômage constitue pour les travailleurs une défense bien plus efficace que les mesures protectionnistes », estimant en bon libéral que ces dernières « ont à long terme un effet contraire à celui attendu »…
Alors que tous les grands ensembles économiques, Etats-Unis, Chine, Japon, Inde, etc., continuent de protéger efficacement leur marché intérieur, l’Europe est le seul continent à se plier totalement aux injonctions du mondialisme en ouvrant sans aucune compensation son territoire aux biens, services, capitaux et immigration de toute la planète.
[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
[http://archives-fr.novopress.info]