Le chien et son maître

Le chien et son maître

Image Hosted by ImageShack.usIl était une fois, un imbécile qui avait un chien appelé Perdrau.

Ce chien était comme tous les chiens, c’est à dire qu’il ne jugeait pas son maître et lui était raisonnablement attaché.
Il lui rendait les services que rend un chien :
Il grognait quand il voyait un individu à l’allure inquiétante ;
Il aboyait quand quelqu’un sonnait à sa porte.

Un jour deux types à moto descendirent de leur engin et s’avancèrent d’un air menaçant vers l’imbécile qui les regardait venir avec un sourire d’imbécile, il croyait qu’ils venaient lui demander du feu, en fait, ils voulaient lui prendre son portefeuille.
Le chien ne s’y trompa pas, il leur sauta dessus en hurlant et les mis en fuite. L’imbécile criait “Perdrau, viens ici ! Messieurs pardonnez lui, il n’est pas méchant. Ah la sale bête ! Tu va voir la tournée que tu va prendre. “ .
Les deux voyous sautèrent sur leur moto et partirent très loin.
L’imbécile corrigea le chien qui n’y compris rien, mais n’en continua pas moins à aimer son maître, car les chiens sont fatalistes.
Ils savent que les hommes ont des réactions illogiques.

Il y eu plusieurs incidents de ce genre, chaque fois que le chien croyait faire son métier de chien, l’imbécile lui tapait dessus et se confondait en excuses auprès des chenapans, voleurs, et bandits de tout poil que mordait le malheureux animal.
Il disait que celui ci était idiot, sanguinaire, et qu’il n’arrêtait pas de commettre des bavures.

On à beau être chien et plein de bonne volonté, on fini par se lasser de recevoir des coups, le chien perdreau se lassa, cela ce sut assez vite dans le quartier.

L’imbécile habitait un pavillon, une nuit, un cambrioleur escalada le mur, le chien entrouvrit un oeil dans sa niche et le referma, incontinent.
Le cambrioleur cambriola en toute tranquillité.
L’imbécile s’arracha les cheveux et corrigea le chien, lequel reçu philosophiquement sa correction, n’étant pas à une inconséquence près de la part de son patron.

Une autre nuit, ce fut un autre cambrioleur qui vint, ce cambrioleur là avait un surin qu’il planta dans la bedaine de l’imbécile qui en mourut.
En partant, l’assassin caressa le chien en disant “bon toutou !”.
Le chien pensa, car les chiens pensent : “Voila la première parole aimable que j’ai entendu depuis longtemps”.

Cette histoire est celle des français et de leur police

Ils battent leur chien depuis trente ans, et s’étonnent aujourd’hui que le chien ait des états d’âmes…

Jean DUTOURD, de l’Académie Française.

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