Grippe « nord-américaine » : l’Oie vole au secours du porc
30/04/2009 – 12h00
PARIS (NOVOpress) – L’expression « grippe porcine » qui a été lancée par l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour désigner le virus identifié comme étant de type A/H1N1 fait depuis ce week-end la une des journaux du monde entier. Mais lundi, l’Organisation mondiale de la santé animale (Oie, ex-Office international des épizooties, dont le siège est à Paris) a fait une mise au point remarquée. « Le virus n’a pas, à ce jour, été isolé sur des animaux. Il n’est donc pas justifié d’appeler cette maladie grippe porcine » a précisé dans un communiqué de presse le directeur général de l’Oie, Bernard Vallat, pour lequel la maladie serait un « cocktail créé par des réassortiments de différents virus d’origine porcine, aviaire et humaine ».
Bernard Vallat, qui confie être en discussion avec l’Oms, précise que « dans le passé, plusieurs épidémies de grippe d’origine animale ont été nommées en fonction de leur origine géographique, par exemple la grippe espagnole (1918-1919) ou la grippe asiatique (1957-1958), c’est pourquoi il serait logique d’appeler cette maladie “grippe nord-américaine” »
Mardi, la Commission européenne condamnait également l’expression « grippe porcine » qui pourrait avoir des conséquences économiques désastreuses pour l’industrie du porc. Bruxelles propose de parler de « nouvelle grippe ». « En parlant de grippe porcine, on a donné une mauvaise connotation concernant la consommation de porc. Or la consommation du porc est tout à fait sûre, à condition que cette viande soit cuite », plaide la commissaire européenne à la Santé Androulla Vassiliou. Si plusieurs pays notamment asiatiques ont décidé d’arrêter les importations de porc en provenance du Mexique et de certains États américains, touchés par le virus, les premières analyses montrent que les élevages de porcs ne sont pas responsables de l’épidémie.
En Israël, où le porc n’est pas particulièrement prisé, le débat sur la bonne appellation vire au religieusement correct : « Je préfère parler de grippe du Mexique, pour ne pas avoir à prononcer le mot “porc” », expliquait lundi le ministre de la santé Yaakov Litzman, membre du parti ultra-confessionnel Judaïsme pour la Torah. M. le ministre évite également l’appellation contrôlée “grippe nord-américaine”, sans doute pour ne pas indisposer les membres de la nombreuse et influente diaspora étatsunienne.
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