Blaise Compaoré : « se focaliser sur le préservatif, c’est passer à côté du problème du sida »
24/03/2009 – 19h00
OUAGADOUGOU (NOVOpress) – Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, est sur la même longueur d’onde que Benoît XVI au sujet des insuffisances du préservatif dans la lutte contre le Sida. C’est ce qu’il confiait dans une interview accordée à Famille chrétienne, le 12 février 2005.
Avec bon sens, le président Compaoré notait déjà qu’il « y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas ». Mieux, pour le dirigeant africain, « se focaliser sur le préservatif, c’est passer à côté du problème du sida. En tant que chef de l’Etat, je ne peux pas préconiser un moyen de prévention exclusif aux dépens des autres ».
Fidélité, abstinence… Les conseils du pape trouvent un écho sur le continent noir. « Si l’abstinence est un moyen de prévention, nous n’allons pas nous en priver ! Le Burkina est une société plurielle. Plusieurs modes de prévention peuvent cohabiter : l’abstinence, la fidélité, et le préservatif. L’Église n’a pas le monopole de l’abstinence ! En tant que chef de l’État, j’ai pris des engagements dans ce sens depuis 2002 », souligne Blaise Compaoré, qui, au passage, rend hommage au travail de terrain des catholiques : « Beaucoup de gens ignorent le travail de l’Eglise en Afrique. En France, l’intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l’Eglise est d’abord synonyme d’écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n’est pas théorique, il est pratique. L’Eglise apporte sa contribution ».
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