La majorité démocrate au Sénat et à la Chambre : à donf pour une extension de la clause « Buy american »

La majorité démocrate au Sénat et à la Chambre : à donf pour une extension de la clause « Buy american »

Image Hosted by ImageShack.us07/02/2009 – 10h00
WASHINGTON (NOVOpress) –
Dans le plan de relance d’un montant de 819 milliards de dollars adopté la semaine dernière par la Chambre des représentants figure la fameuse clause aux termes de laquelle les entreprises américaines qui bénéficieraient de l‘aide de l’Etat fédéral s’engageraient à s’adresser exclusivement aux sidérurgistes américains pour tout achat d’acier.

Une clause dite « Buy american » qui a provoqué un tollé chez les grands partenaires commerciaux des Etats-Unis. Avec des exportations avoisinant les 1.000 milliards d’euros par an, soit 40 % de son produit intérieur brut, l’Allemagne serait l’un des pays les plus touchés par un regain de protectionnisme US. Angela Merkel a averti Obama dès sa première conversation téléphonique avec le nouveau président américain : « Le protectionnisme serait une réponse totalement inadaptée à la crise », n’hésitant pas à évoquer la crise de 1929 durant laquelle les mesures protectionnistes américaines avaient provoqué une explosion du chômage dans l’Allemagne de l’époque, avec les conséquences fâcheuses que l’on sait. Le spectre de la Bête Immonde rôdait dans les propos de Madame la Chancelière. Laquelle a obtenu dans son combat le soutien de poids des Chinois qui pâtiraient également fortement d’une fermeture du marché américain. Recevant la semaine dernière le Premier ministre chinois Wen Jiabao, la chancelière a enfoncé le clou devant son hôte : « Nous avons besoin d’un commerce ouvert ».

Lors d’un entretien accordé mardi aux grandes chaînes de télévision, le président Obama a reconnu que cette clause était « une erreur ». « Je suis d’accord pour dire que nous ne pouvons pas envoyer un message protectionniste, a-t-il déclaré. Au moment où le commerce décline, ce serait une erreur de notre part de commencer à envoyer le message que nous ne nous préoccupons que de nous-mêmes et que nous ne nous inquiétons pas du commerce mondial. » Et le président de promettre : « Je vais voir à quelle formulation nous pouvons parvenir sur cette question. »

Une promesse qui n’engage guère le président américain, dont les pouvoirs sont en fait fortement limités par le Sénat et la Chambre. « L’administration Obama est soumise à de multiples pressions au Congrès et de la part des syndicats », expliquait ainsi mardi, à Paris, William Drozdiak, président de l’American Council in Germany et ancien membre de l’équipe de campagne du président. Des pressions qui se font chaque jour plus fortes face aux calamiteux chiffres de l’emploi aux Etats-Unis. Le secteur privé a en effet détruit 522.000 emplois en janvier. Les experts s’attendent à ce que le chômage frappe près d’un Américain sur cinq.

De fait, le Sénat – à majorité démocrate comme la Chambre des représentants – a commencé l’examen de sa propre version du plan de relance. Une version dans laquelle la clause « Buy american » est étendue à l’ensemble des produits manufacturés… Quoi qu’il en soit, les Etats-Unis ne se sont jamais privés de pratiquer un protectionnisme discret et efficace, qui n’a nul besoin d’être formulé aussi crûment que dans une clause “Buy american”…


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