Avant-première – Rivarol n° 2889 du 23 janvier 2009 : Etat protecteur ou état destructeur
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EST-CE par pente naturelle ou pour ne pas se laisser trop éclipser par le tonitruant sacre de Barack Hussein Obama qu’avant et après le 20 janvier, Nicolas Sarkozy aura occupé avec tant de frénésie le devant de la scène ? Profitant des vœux du Nouvel An pour sillonner la France et intervenir pêle-mêle sur le salaire des banquiers et les grèves à la SNCF, sur le taux du livret A et la résolution de la crise de Gaza, en coprésidant samedi dernier avec l’Egyptien Moubarak le sommet euro-méditerranéen (et impromptu) de Charm el-Cheikh. Une gesticulation d’ailleurs inutile puisque le principal protagoniste du conflit, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, promoteur de l’agression sans doute afin de faire oublier ses mises en examen pour corruption et terminer son mandat sur une « page de gloire », a dédaigné d’y participer bien que dûment invité.
Entre-temps a eu lieu le remaniement du 15 janvier. Pour la plupart des media, ce ne fut qu’un ajustement, les choses sérieuses (avec changement de Premier ministre) étant renvoyées au lendemain des élections européennes, et le seul élément d’importance serait la “trahison” du socialiste Eric Besson qui, après avoir en 2007 lancé de sanglantes philippiques contre la politique migratoire d’un ministre de l’Intérieur nommé Sarkozy, a accepté le ministère de l’Immigration et accessoirement de l’Identité nationale en remplacement de Brice Hortefeux lui-même parachuté au superministère des Affaires sociales abandonné par Xavier Bertrand au profit du secrétariat général de l’UMP. Aux fins bien évidemment d’assurer en 2012 une confortable réélection au chef de l’Etat qui, il y a un an, assurait ne pas vouloir briguer un second mandat.
Cependant, si trahison il y a, est-ce celle de Besson ou de l’Elyséen ? Il est apparu en effet que le ministère dont hérite l’ancien (?) socialiste est une formidable imposture : sur les 29 000 clandestins que le “national” Hortefeux s’est targué d’avoir expulsé en 2008 au grand scandale des lobbies immigrationnistes feignant l’indignation, 10 000 sont en effet des Tziganes bulgares et roumains qui, à peine encaissée leur « prime au retour », sont revenus en France. Besson n’aura donc aucun mal à malmener ses convictions pour remplir la tâche qui lui est désormais impartie puisqu’il s’agit d’une simple mystification du peuple souverain.
LEQUEL bon peuple aura sans doute été ébloui par la mâle détermination du chef de l’Etat proclamant le 14 janvier d’Orléans, où il présentait ses vœux aux forces de sécurité, l’instauration de la « tolérance zéro » pour les « actes relevant de l’antisémitisme et de l’arabophobie », tels ceux qui se sont multipliés depuis l’offensive de l’armée israélienne contre le Hamas. Mais quid de la francophobie, combien plus répandue mais jamais réprimée alors même que Sarkozy a « tenu à dire aux Français que l’Etat est là pour les aider, pour les protéger » ? Les commerçants des “quartiers” continuellement rackettés et cambriolés, les gardiens des « cités sensibles » tabassés et souvent contraints de quitter leur emploi et leur domicile après avoir déposé plainte à la police ou dénoncé un trafic, auront sans doute apprécié l’humour présidentiel.
Il est vrai que l’Etat est de plus en plus démuni dans sa mission de protection. Malheur aux flics trop consciencieux ou employant des méthodes trop musclées, l’Elysée hurle avec les loups médiatiques à la moindre “bavure” ! Quant à l’armée… Le jour même où le président de la République s’érigeait en champion des plus faibles, on apprenait…
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