Aides de l’Etat fédéral aux constructeurs américains : mais que fait l’OMC ?!
21/12.2008 – 15h00
WASHINGTON (NOVOpress) – Dans le Saint des Saints du libéralisme mondial, après les 700 milliards de dollars du plan Paulson d’aide à un système bancaire en capilotade, on s’apprête toute honte bue à commettre un nouveau péché capital contre le Dogme, avec l’injection à effet immédiat de 13,4 M$ d’argent public pour sauver deux des « Big Three » de Detroit de la faillite. Il faut dire que le secteur de l’automobile pèse à lui-seul 2,2 millions d’emplois dans le pays. De quoi ramener à la raison les plus puristes des adeptes de Frédéric Bastiat.
Lesquels auront d’ailleurs beau jeu de faire remarquer que ces 13,4 M$ vont être pris sur les 700 du plan Paulson (soit à peine 2% du total…) et qu’il n’y a pas à proprement parler de péché supplémentaire. George Bush a en effet été contraint d’aller puiser dans les fonds “Tarp” promis aux banques après que son plan de sauvetage de l’industrie automobile eut été retoqué par le Sénat.
Les deux canards boiteux de Detroit, General Motors (9,4 M$) et Chrylser (4 M$) se partagent le pactole. Ford, le 3ème des « Big Three », pour l’instant laissé sur la touche, s’est félicité du soutien accordé à ses concurrents, soulignant le risque d’« effet domino » en cas de faillite de l’un d’eux. Une rallonge de 4 nouveaux milliards de dollars au bénéfice de Chrysler est envisagée en février. Un pactole malgré tout un peu « juste », puisque la seule General Motors demandait une aide publique immédiate de 18 milliards de dollars…
L’attribution de ces fonds d’Etat est assortie de conditions drastiques qui touchent aussi bien les constructeurs que les salariés. C’est ce que Bush – mais aussi Obama, mis au parfum par l’actuel locataire de la Maison Blanche qui doit bientôt lui céder les clés – ont appelé de conserve « des conditions difficiles » :
* attribution de warrants permettant à l’Etat américain d’obtenir des actions préférentielles
* limitation des primes aux dirigeants et élimination de certains avantages en nature, comme l’utilisation de jets privés
* pouvoir donné au gouvernement de bloquer les transactions supérieures à 100 millions de dollars
* interdiction du versement des dividendes tant que les entreprises seront débitrices de l’Etat
* réduction des deux tiers de l’endettement par une conversion de la dette en capital
* financement du fonds de protection sociale des retraités sous forme d’actions
* élimination de la disposition qui permet aux salariés en chômage technique de recevoir leur salaire
* mise en place d’ici le 31 décembre 2009 de conventions d’entreprises qui permettent aux constructeurs d’être compétitifs avec les usines américaines des constructeurs étrangers, avec alignement des salaires sur ceux pratiqués par les usines américaines des constructeurs étrangers
* les constructeurs devront faire la preuve de leur viabilité d’ici le 31 mars 2010. Ils devront afficher une valeur nette d’actifs positive, en incluant l’ensemble de leurs coûts présents et futurs, et devront être à cette date en mesure de rembourser complètement l’aide gouvernementale…
Le syndicat des travailleurs de l’automobile United Auto Workers (UAW) vient d’en appeler au futur président Barack Obama pour lui demander d’assouplir certaines conditions. Un Obama qui s’est bien gardé de faire la moindre promesse. Face aux réalités du pouvoir, l’obamania risque d’avoir un goût amer pour les travailleurs américains…
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