Alsace d’Abord : Une liste régionaliste aux prochaines élections régionales
Jacques Cordonnier, vous êtes président du mouvement régionaliste Alsace d’Abord depuis le mois d’avril 2008. Quelles ont été les premières mesures prises par la nouvelle équipe ?
En tout premier lieu, nous avons édité un bulletin de liaison, “Libre Alsace”, qui est devenu le lien entre l’équipe dirigeante et les adhérents et sympathisants du mouvement.
Un nouveau comité directeur a été constitué avec l’arrivée de nouveaux membres. Ces derniers se sont très rapidement entendus avec les anciens et ils font ensemble un excellent travail.
Nous avons organisé de nombreuses réunions de secteur, de circonscription, afin de nous rapprocher de nos sympathisants qui n’ont pas tous le temps et les facilités de se déplacer à Strasbourg. C’est ainsi que nous avons donné un élan particulier à Alsace d’Abord dans le Haut-Rhin. Le Sundgau a retrouvé son rôle de région phare du régionalisme en Alsace.
Sur les sites et blogs politiques, les commentateurs observent une évolution de l’action d’Alsace d’Abord. Y’a-t-il eu révolution culturelle ?
Je parlerais plus volontiers d’un retour aux thèmes fondamentaux du régionalisme que d’une révolution, même culturelle. D’une part, nous continuons d’agir en faveur de la défense de nos identités régionale, française et européenne, et contre les méfaits de l’immigration extra-européenne. Mais parallèlement, en cette période où les projets de réforme sortent de l’Élysée à un train invraisemblable et chaotique, nous sommes particulièrement vigilants pour tout ce qui risque de toucher notre région. L’extension du travail le dimanche, la réforme des lycées engagée par Xavier Darcos, la réforme des collectivités et la commission Balladur, la question de la Turquie au cœur des prochaines élection européennes, voilà les sujets sur lesquels nous travaillons actuellement.
En cette période de crise, ces dossiers intéressent-ils les Alsaciens ?
Beaucoup plus que vous ne le pensez. La remontée du chômage, la dislocation du tissu industriel alsacien sont des sujets qui touchent beaucoup nos adhérents et nos électeurs. Il y a aussi la question du bilinguisme et de l’enseignement bilingue qui nous préoccupe et qui préoccupe beaucoup de parents. Et actuellement, au sein de notre mouvement, je puis vous assurer que la question de l’extension du travail le dimanche intéresse tous nos membres et particulièrement les jeunes.
Parlons-en, des jeunes. Est-ce que vous arrivez à mobiliser les jeunes pour porter votre programme ?
Le mouvement Jeune Alsace, présidé par Fabrice Lauffenburger, qui regroupe les jeunes régionalistes alsaciens, est notre grand succès de l’année 2008. Je suis fier du travail accompli. Jeune Alsace a su attirer et fédérer un nombre impressionnant de jeunes gens et de jeunes filles qui ont décidé de s’engager en politique pour défendre l’Alsace et défendre leur identité. Leur attachement à notre région a des motivations diverses. Certains sont nés en Alsace, d’autres sont Alsaciens d’adoption. Mais tous ont à cœur de défendre et de contribuer au rayonnement de cette région qu’ils aiment tant.
Au seuil de l’année 2009, quels sont les dossiers qui vous font réagir ?
Le projet de Nicolas Sarkozy d’étendre l’ouverture des magasins le dimanche est le dossier qui nous mobilise beaucoup en ce moment. Ce projet est néfaste, nous devons tout mettre en œuvre pour y faire obstacle. Nous avons lancé une campagne de pétition qui remporte un grand succès. Les jeunes régionalistes de Jeune Alsace s’investissent beaucoup dans cette campagne de pétition. Ils ont déjà distribué des milliers de tracts.
Que pensez-vous de la mise en place de la commission Balladur et du projet de Nicolas Sarkozy de réformer les collectivités ?
La fusion de la région et des départements alsaciens fait partie du programme d’Alsace d’Abord depuis vingt ans. Si tel était le projet de Sarkozy, nous y souscririons sans réserve. Mais nous ne croyons pas à la sincérité de Sarkozy. Je vous rappelle que c’est lui qui, avec l’aide de Jean-Pierre Raffarin, avait modifié le mode de scrutin des élections régionales en 2004. Cette réforme a eu pour effet d’écarter les régionalistes du Conseil régional. Tous les petits partis ont été balayés. Ce n’est pas bon pour la démocratie. Je pense que le véritable objectif de Sarkozy est de supprimer complètement le mode de scrutin proportionnel. Peu lui importe que les Départements soient absorbés par les Régions, ou les Régions par les Départements. Ce que veut Sarkozy, c’est imposer définitivement le modèle cantonal, le mode de scrutin uninominal. Ce projet n’est pas bon pour notre l’Alsace ; je m’étonne du silence des parlementaires alsaciens.
Cette réforme verra-t-elle le jour avant les prochaines élections régionales ?
Nul ne peut l’affirmer. Mais cela n’impacte en rien notre préparation aux prochaines élections régionales et cantonales. Le mouvement régionaliste alsacien présentera une liste d’ouverture à l’élection régionale. Nous sommes en contact avec des personnes de grande qualité et qui ont aujourd’hui une sensibilité régionaliste de plus en plus affirmée.
Ces gens ont tous vocation à porter le flambeau régionaliste avec nous aux prochaines échéances électorales. Bien entendu, nous présenterons aussi des candidats dans les cantons renouvelables.
Ma tâche, avec l’aide de Christian Chaton, des membres du comité directeur, et avec l’aide de Jeune Alsace, c’est de mettre le mouvement régionaliste en ordre de bataille. Cette tâche est commencée.
C’est donc, vous l’aurez compris, le moment de nous rejoindre !