L’Afrique à fric…
03/12/2008 – 08h00
PARIS (NOVOpress) – Les trois chefs d’Etat africains Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema Mbassogo ne sont pas des hommes trop démunis dans la vie. Rien qu’en France, leur patrimoine semble les mettre à l’abri du besoin.
Le premier, au pouvoir au Gabon depuis 41 ans, possède 33 appartements, hôtels particuliers et maisons, pour lui et ses proches. A titre personnel, 17 propriétés immobilières, dont un hôtel particulier près des Champs-Elysées – acquis pour la bagatelle de 18,875 millions d’euros en juin 2007 –, deux appartements avenue Foch de 88 et 210 m2 et un autre de 219 m2 dans le XVIe arrondissement de la capitale. Sur la Côte d’Azur, il détient deux appartements de 170 m2 et 100 m2, et trois maisons dont une de 176 m2.
Le président congolais Denis Sassou Nguesso, revenu au pouvoir à Brazzaville en 1997 après une guerre civile, enregistre un total de 18 propriétés pour lui et ses proches. Il possède une maison de 485 m2 au Vésinet (Yvelines), un logement de neuf pièces dans le XVIIe arrondissement de Paris acheté l’an dernier pour son épouse pour le montant de 2,47 millions d’euros. Un hôtel particulier de sept pièces avec piscine à Neuilly a été acquis en 2006 pour 3,15 millions d’euros, par sa fille cadette Julienne. Pas cher, surtout dans une commune que l’actuel chef de l’Etat français a su marquer de son empreinte.
Quant à Teodoro Obiang, le président de Guinée équatoriale, il possède deux logements dans le XVIe arrondissement, trois Bugatti et une flopée d’autres automobiles de luxe. Mais n’est-il pas normal d’aimer les grosses bagnoles quand on est à la tête de la troisième puissance productrice de pétrole en Afrique sub-saharienne dont le PIB per capita, quoiqu’inégalement réparti, compte parmi les plus élevés du monde ?
Deux ONG ont déposé une plainte pour « recel de détournement de fonds publics » contre ces trois présidents, concernant leur patrimoine immobilier français. Pour les plaignants, « Il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d’Etat, au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics ». La plainte s’appuie sur les résultats d’une enquête préliminaire de police diligentée par le parquet en 2007 qui a établi un état des biens détenus par les trois chefs d’Etat africains. Mais peut-être nos trois présidents jouaient-ils au Loto ou boursicotaient-ils au palais Brongniart avant la crise. Ce qui expliquerait tout.
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