Santé : le Red Bull à la taurine désormais en vente en France
15/07/2008 – 15h00
PARIS (NOVOpress) – C’est aujourd’hui que le Red Bull, la boisson dite « énergisante » débarque sur les rayons des supermarchés dans sa « version originale », c’est-à-dire celle qui contient de la taurine, contrairement aux canettes version «soft», à base d’arginine, que le consommateur français pouvait jusqu’à présent se procurer.
C’est justement la présence de cette taurine – un dérivé d’acide aminé soufré – et les vertus énergisantes et défatigantes qu’on lui prête qui ont fait le succès du Red Bull partout en Europe. Mais cette substance ne fait pas l’unanimité : l’Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a rendu quatre avis négatifs sur la commercialisation de la boisson. Cet organisme soulignait en 2003 les « effets neuro-comportementaux indésirables » de celle-ci et estimait que l’effet de la taurine sur la glande thyroïde méritait d’être approfondi.
Si la France effectue un tel revirement aujourd’hui, c’est tout simplement parce que le propriétaire du Red Bull (et numéro 1 mondial des boissons dites énergisantes), l’Autrichien Dietrich Mateschitz, se bat depuis 1996 contre l’interdiction qui frappe sa boisson dans l’Hexagone et réclame à l’Etat la bagatelle de 300 millions d’euros pour préjudice subi. Et il pourrait bien obtenir la condamnation de la France par la Cour européenne de justice en s’appuyant sur la jurisprudence de celle-ci : dans un arrêt célèbre , l’Arrêt « Cassis de Dijon», du 20 février 1979, la CEJ a en effet imposé le principe de « reconnaissance mutuelle » des réglementations respectives des États membres. Et ce au nom de la libre-circulation des biens.
Conséquence, tout produit autorisé dans un pays de l’Union doit pouvoir être mis en vente dans tous les autres États membres, sauf pour ceux-ci à invoquer l’intérêt général (sécurité sanitaire, protection des consommateurs). Un intérêt que n’a pu rapporter l’Etat français qui s’exposait alors à une amende de 30 millions d’euros s’il n’obtempérait pas. La logique financière l’a emporté : Christine Lagarde, la ministre de l’Économie, a cédé.
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