Présidentielle américaine : « Tous les mêmes ! Tous pareils ! Sauf Obama… »
Eh non ! Obama aussi… Le candidat démocrate vient en effet d’annoncer coup sur coup qu’il allait se dispenser du système de financement public pour sa campagne – alors qu’il s’y était formellement engagé et avait même proposé à son adversaire républicain de définir de saines règles du jeu en la matière – et qu’il soutenait la nouvelle loi sur les écoutes électroniques que vient de voter la Chambre des représentants. Consternation dans la grosse presse française, dont l’obamophilie compulsionnelle pourrait rapidement virer au désamour haineux.
Dans une vidéo adressée le 19 juin à ses supporteurs, Barack Hussein Obama a fait savoir qu’il optait pour le financement privé de sa campagne. Souci de ne pas aggraver les déficits publics de son pays ? Pas vraiment. Pourquoi Obama aurait-il restreint sa campagne aux 84 millions de dollars que lui octroie la loi sur le financement public, alors que sa machine à collecter les fonds s’est révélée à l’occasion des primaires la plus efficace de toute l’histoire électorale des Etats-Unis, et qu’il peut allègrement viser les 500 millions de dollars par financement privé ? McCain qui a pour sa part accepté le financement public devra renoncer à toute source privée, et pèsera donc six fois moins – au bas mot… – que son concurrent, dans un système où l’argent-roi fait la différence.
Il faut dire que le sénateur de l’Illinois a su frapper aux bonnes portes. Parmi ses proches conseillers, on trouve en effet David Axelrod, Robert Schrayer, Alan Solomont, Dennis Ross (AIPAC, Jewish People Policy Planning Institute, Trilatérale, Bilderberg), David Plouffe (George Soros, et partenaire d’Axelrod), Tom Daschle et Richard Gephardt (« indéfectibles amis d’Israël »), Mc Kinnon (« le Karl Rove démocrate » ), etc.
Au regard des sommes faramineuses versées dans son trésor de guerre par les lobbyistes de Washington, de New York ou d’ailleurs, les précisions du sénateur sur les petits dons de 5, 10 ou 20 dollars qu’il a reçus « en masse » du bon peuple américain apparaîtront particulièrement touchantes. L’un des slogans-phare de l’équipe d’Obama : « La première campagne véritablement financée par le peuple » a du plomb dans l’aile…
Barack Hussein Obama a également apporté son soutien à la loi FISA, que vient de voter la Chambre des représentants et que le Sénat s’apprête à entériner, qui donne à l’Agence de sécurité nationale (NSA) une liberté quasi totale dans l’utilisation des écoutes électroniques. Là aussi, virage à 180°, puisque le sénateur de l’Illinois avait naguère pris l’engagement de s’opposer à cette loi, dont l’un des volets accorde une immunité rétroactive aux compagnies de télécommunications ayant procédé aux écoutes et interceptions de communications ordonnées illégalement par le président Bush.
Ce nouveau revirement d’Obama a provoqué la fureur des internautes de la gauche démocrate, les netroots, qui l’accusent de trahison pure et simple. Mais broutilles que tout cela pour le candidat démocrate qui tient à apparaître également comme un candidat sécuritaire. Obama serait-il à son tour victime du « SarkoSégoSyndrome », cette pathologie qui contraint les candidats de gauche à faire campagne à droite pour essayer de gagner sur un électorat mou qui n’y voit que du feu ?…
Quoi qu‘il en soit, si l’on en croit les articles très critiques qu’on peut y lire ça et là depuis quelques jours, la grosse presse française est en train de prendre de sérieuses distances avec « cette incarnation du nouveau grand rêve américain ». Finalement, Hillary, c’était le bon temps…
Henri Dubost pour Novopress France
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